Le Grand Socco, une place historique Les incontournables.

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Tous les chemins mènent au Grand Socco. Et de là, à vous Tanger!
Joseph Kessel l’a écrit en 1952: “Au pied du Vieux Tanger, et devant les portes mêmes de la muraille fortifiée qui enferme son labyrinthe de ruelles étroites, on trouve la place du Marché, le Grand Socco. Autrefois, c’est-à-dire voilà trente ans à peine, le Grand Socco donnait sur la campagne et sur des collines de sable. Aujourd’hui, de toutes parts, la cite neuve, étrangère, arrête la vue. Mais aujourd’hui comme autrefois, du matin jusqu’au soir, marchands, acheteurs et curieux se rencontrent en plein soleil, en plein vent, sur le Grand Socco,(…)”

Cette place qu’il a décrite a changé. Elle est toujours cette grande esplanade, restaurée aujourd’hui, devenue pour les voitures un immense rond-point, pour les Tangérois et les touristes, un lieu de rendez-vous, pour les marchands de la médina, un passage obligé. En fin d’après-midi, elle s’anime, les alentours prennent vie, les vendeurs ambulants s’y installent, les familles viennent y flâner.
Appelée le Grand Socco, signifiant souk (marché) en espagnol, cette place porte le nom officiel de “Place du 9 avril 1947” en souvenir, ici même, du discours du roi Mohammed V sur l’indépendance du Maroc. Sa fille aînée, Lalla Aïcha, âgée alors de 17 ans, montera aussi sur une tribune pour encourager la femme marocaine à participer à cette marche en avant, en persévérant dans la voie de l’enseignement.
Le Grand Socco sépare l’ancienne ville (médina) de la nouvelle. Plusieurs artères se déploient autour. En étant au centre, vous pouvez admirer la façade de la Cinémathèque de Tanger, anciennement Cinéma du Rif, longtemps délaissé. Reprise par l’artiste Yto Berrada et gérée en association, elle est le lieu des manifestations cinématographiques de la ville et a un programme toujours varié.

Mais ce qui attirera certainement votre attention sera la mosquée Sidi Bouabid. Bâtie en 1917, son minaret polychrome se voit de loin. Juste derrière, l’église anglicane Saint-Andrew qui mérite le détour. Le sultan Moulay Hassan Ier offrit à la communauté britannique ce terrain afin qu’elle y construise un lieu de culte; ce qu’elle fit en 1883. Le style est arabo-islamique, le clocher carré est édifié sur le modèle des minarets des mosquées marocaines et la prière y est gravée en arabe. Promenez vous dans le petit cimetière qui jouxte l’église, de jeunes militaires y sont enterrés ainsi que des hommes et des femmes qui ont marqué la vie de la ville.

Non loin, le Grand Hôtel Villa de France devrait rouvrir ses portes bientôt. Matisse y a séjourné, dans la chambre 35, d’où il a peint sa fameuse toile Paysage vu de la fenêtre (1912-1913), exposée à Moscou, au musée Pouchkine. Fermé depuis plus de 20 ans mais totalement restauré, il a été un bâtiment diplomatique au 19ème siècle pour devenir un hôtel au début du 20ème siècle.

De l’autre côté, si vous empruntez la rue d’Italie depuis le Grand Socco, vous pourrez admirer l’architecture européenne du début du 20ème siècle et en face, vous promener dans le jardin de la Mendoubia, ancienne résidence du Mendoub, représentant du sultan lorsque Tanger était ville internationale. Les arbres centenaires y sont impressionnants.

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