Le Rick’s Café Empreinte.

Scroll this

«Vous avez réservé?». Le portier vous posera assurément la question. Pour y entrer et profiter de l’ambiance du soir, une réservation est nécessaire tant le lieu est couru. Tous les touristes y viennent, certains Américains sont venus à Casablanca pour aller au «Rick’s», mais aussi des diplomates et des gens d’affaires.
Vous avez vu le film Casablanca, sorti en 1942, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, et depuis, vous désirez découvrir ce restaurant-bar? Hollywood vend du rêve. Tout le film a été tourné en studio, aux Etats-Unis. Le Rick’s Café n’existe pas.
Enfin, c’était avant que Cathy Kriger en décide autrement.

De Portland, dans l’Oregon, au Japon, en passant par Prague, cette Américaine se retrouve attachée commerciale au consulat des Etats-Unis à Casablanca en 1998.
Après neuf mois, elle acquiert un riad à Marrakech et décide qu’elle prendra sa retraite là, le Maroc lui plaît. Puis, il y eut le 11 septembre 2001. Cathy Kriger démissionne, oublie la retraite à Marrakech et décide de créer le Rick’s Café. Elle a toujours aimé le film et elle se met à la recherche d’un emplacement. Tout de suite, le wali (préfet) de l’époque lui suggère de le choisir en bordure de médina.
Très vite, Cathy Kriger trouve une maison des années 1930, délabrée et sombre. Il lui faut l’acheter et commencer les travaux. Les banques ne sont pas convaincues. Sans se démonter, elle contacte tout son réseau, parmi lequel de grands fans du film, elle réussit à réunir la somme nécessaire et fonde alors avec tous les investisseurs une société, The Usual Suspects.

 

Puis, tout va très vite. L’architecte d’intérieur Bill Willis se charge de tout refaire, pendant deux ans. Ce sera son dernier projet. Il a dessiné les portes, les moucharabiehs (paravents), il a recréé le décor du Rick’s Café de Bogart. De son côté, Cathy Kriger a chiné, a fait réaliser les 42 lampes par des artisans, tout est comme dans le film, en plus chic.
Que serait le Rick’s sans Sam, le pianiste? Pourtant, deux semaines avant l’ouverture, en 2004, le piano est là, seul. On lui présente un musicien, Issam. A deux lettres près, il porte le même prénom que le pianiste du film. C’est un signe. Il est toujours là, chaque soir.

Après dix ans, rien n’a changé. On y déjeune et dîne, on y boit. L’atmosphère d’une autre époque y règne. Tout est impeccable. Il faut dire que “Madame Cathy” veille. Elle habite à l’étage du dessus, descend à heures précises, fait le tour des tables et vient s’asseoir à la place qui lui est réservée, près du bar, tout comme Rick Blaine, le personnage du film.

 

Submit a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *